L’UFR cheminots CGT a été reçue en audience le 26 janvier 2026. Recouvrement des franchises médicales et participations forfaitaires, pérennisation des Prestations Sociales Non Pérennes (PNSP), dématérialisation des relations entre la CPRPF et les cheminots, avenir des PSNP et suivi post-professionnel constituaient les sujets de cette audience.
Les franchises médicales et participations forfaitaires : tout en rappelant notre opposition à ce dispositif, nous avons exigé que les rappels soient faits plus régulièrement et le retour au recouvrement limité à 20€ par mois, comme il était d’usage.
La direction CPRPF reconnaît l’impact négatif que peuvent avoir les montants élevés des rappels sur certaines pensions. La direction de la CPRPF, qui se dit consciente de la baisse du pouvoir d’achat des retraités, confirme que les pensionnés peuvent demander à limiter les prélèvements à 20€ mensuels au lieu des 30€ appliqués actuellement par la CPRPF.
Elle explique sa décision par une modification de son système informatique au 2ème semestre 2026 pour laquelle il lui fallait apurer « les dettes » des retraités. L’évolution du système informatique devrait permettre de répondre à notre demande d’un recouvrement plus régulier.
Les prestations spécifiques non pérennes (PSNP) : l’UFR-CGT revendique leur développement et pérennisation tels que travaillés unitairement, sous son impulsion, en 2021. La SNCF porte la responsabilité du non-aboutissement du dossier, privilégiant les négociations sur la mise en place d’une complémentaire santé obligatoire pour l’ensemble des cheminots statutaires et contractuels.
Le directeur de la CPRPF reconnaît qu’à ce jour, le financement des PSNP est garanti pour encore 4 ans, qu’il est en attente de la décision du ministère sur l’avenir des PSNP. Il indique aussi que la CPRPF est en capacité technique de mettre en oeuvre les propositions travaillées en 2021 mais que cela nécessite un délai 10 à 12 mois. Selon lui, l’État ne serait pas opposé au maintien des PSNP à la condition que cela ne lui coûte rien. Le projet impulsé par la CGT aborde aussi la question du financement par une augmentation des cotisations sociales permettant d’améliorer les droits des cheminots.
La dématérialisation des relations entre la CPRPF et les cheminots : 20 % des retraités ne disposent pas d’un espace personnel CPR sur internet, ce qui péjore l’accès à leurs droits et leurs relations avec la CPRPF.
L’UFR a demandé que des dispositions soient prises pour celles et ceux qui sont en rupture numérique avec l’envoi d’informations papier pour la retraite, la maladie.
Nous avons aussi exigé le maintien du réseau d’antennes et de permanences CPRPF, mais aussi son développement avec la présence de permanences dans les centres d’action sociale SNCF. La direction, sans être totalement fermée sur le sujet en fonction des besoins sur les différents sites, pose la question de l’accessibilité, notamment pour les personnes issues des entreprises ferroviaires privées, pour laquelle elle est prestataire pour le compte de la CNAM, mais aussi celle du financement, car le dimensionnement du réseau d’accueil de proximité fait l’objet d’un réexamen à chaque négociation de la convention d’objectif de gestion (COG). La COG est la déclinaison de l’objectif national de dépense d’assurance maladie (ONDAM) contenu dans la loi de financement de la Sécurité sociale. S’il a été légèrement réévalué dans la loi de financement 2026, il ne répond aucunement aux besoins réels de la population. La CPRPF a développé des outils de communication palliatifs à la dématérialisation comme « Aidant Connect », la mise en place d’un serveur vocal ou la démarche « mon décompte par mail » (très peu suivie). S’ils peuvent permettre à certains affiliés d’avoir un contact avec la CPRPF, ils ne peuvent remplacer un accueil physique et la transmission par courrier des bulletins de pension et décomptes maladie, ce que refuse la CPRPF, au-delà de l’envoi du bulletin de pension en début d’année et tous les quatre mois pour la maladie, au prétexte d’un coût d’affranchissement trop important.
Le suivi post-professionnel amiante à la suite de la décision d’Optim’Services de ne plus autoriser ces examens dans les cabinets médicaux SNCF : beaucoup trop de retraités ne disposent plus de médecin traitant et sont donc livrés à eux-mêmes pour ce suivi. La direction de la CPRPF a indiqué avoir une attention particulière pour les affiliés concernés, notamment dans la recherche d’un médecin traitant et dans le remboursement des actes médicaux hors parcours de soins.
Nous avons demandé à avoir connaissance du nombre de cheminots retraités concernés par ce suivi post-professionnel, le nombre de cessations anticipées amiante et le détail de celles et ceux ne disposant pas de médecin traitant.
La direction de la CPRPF a indiqué qu’elle pouvait avoir ses éléments mais qu’elle ne nous les donnera qu’avec l’aval de la direction de la SNCF.
Cette audience a permis de porter les revendications des cheminots retraités, d’obtenir quelques réponses, mais nécessite de poursuivre la mobilisation pour les faire aboutir.