Ingénieurs, cadres, techniciens et agents de maîtrise (Ictam) 

L’UFCM-CGT et l’UGICT : une histoire construite par les luttes et l’évolution du salariat

Henri Krasucki, Secrétaire Général de la CGT de 1982 à 1992 disait : «L’Ugict-Cgt a une histoire, un héritage et il n’est pas mauvais que les nouveaux cadres et ingénieurs la connaissent»

Voici en quelques lignes et dates clés, la façon dont a été créée l’UGICT CGT et la genèse de son histoire…

L’histoire sociale est ponctuée de luttes qui sont à l’origine du syndicalisme en France. Parmi celles-ci, certaines ont été menées dans les entreprises de manière solidaire entre les cadres et les ouvriers. En outre, dès le début des années 1960, l’encadrement occupe une place de plus en plus importante dans le monde du travail. La CGT prend alors conscience de cette évolution du salariat et cherche à rassembler les différentes catégories de salariés, bien loin donc des logiques catégorielles. Les réflexions menées par la CGT conduisent à cette notion de double nature pour les cadres : Ils sont des salariés « victimes » mais aussi « acteurs et vecteurs » des stratégies patronales. Seule la CGT a mené une réflexion poussée sur ces questions qui a donné lieu, dès le départ, à cette notion de syndicalisme et de revendications spécifiques par opposition au syndicalisme et revendications catégoriels. Dit autrement, le spécifique à la CGT s’inscrit dans une logique globale où les salariés quels qu’ils soient, partagent les mêmes valeurs et s’inscrivent dans une critique de l’organisation capitaliste du travail. Le catégoriel, lui, ne traite que des problématiques propres aux catégories de salariés qu’il représente sans se préoccuper des conséquences pour les autres catégories.

Le spécifique en quelques dates…

Dès les années 1930 (et même avant), la CGT cherche à « organiser » les salariés de l’encadrement. Elle y parvient en syndiquant en masse les cadres et les techniciens à la fin des années 1930. En 1937, la fédération CGT de l’énergie crée le GNC (Groupement National des Cadres).

C’est en 1963 que l’UGIC (Union Générale des Ingénieurs et Cadres) est créée. Elle s’appuie sur l’expérience et la puissance acquises par le GNC et fait suite à un conflit extrêmement long la même année (3 mois) et suivi de jeunes ingénieurs et techniciens d’un grand groupe industriel d’équipements hydrauliques et mécaniques. Le principe d’une double affiliation est alors retenu : Les syndicats de cadres adhèrent à la CGT et à l’UGIC. C’est ce principe qui donne des garanties au syndicalisme spécifique.

Enfin, en 1969, après les grandes grèves et manifestations de 1968, qui ont vu les techniciens afficher une certaine proximité avec les ingénieurs et les cadres, le temps est venu de « s’organiser sur le terrain des qualifications du travail et non sur le terrain de la division hiérarchique orchestrée par le capital ». L’UGIC devient alors l’UGICT.

1973 : naissance de l’UFCM-CGT dans le ferroviaire

L’UFCM-CGT quant à elle est une structure de la Fédération CGT des Cheminots qui, en 1973, a décidé de créer une union fédérale pour développer une activité spécifique vers les agents de maîtrise et les cadres du champ professionnel ferroviaire, afin de mieux intégrer ces salariés.

Cette forme d’organisation nous apparaît être, aujourd’hui encore, la mieux adaptée pour construire un syndicalisme répondant aux aspirations des agents de maîtrise et des cadres, tout en recherchant la convergence la plus large. Pour l’UFCM CGT, le syndicalisme spécifique est un rempart contre les dangers du syndicalisme catégoriel dont le premier est la division du salariat avec une forme de repli identitaire.

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