Huit mois après son arrivée à la présidence du Groupe Ferroviaire, Jean Castex a annoncé mardi 21 juillet une réorganisation majeure de la gouvernance de la SA SNCF Voyageurs. Cette décision se traduit par le départ de Christophe Fanichet, qui occupait la présidence de cette SA stratégique depuis sa création en 2020, et par l’abandon du projet de transformation interne « Destination 2030 » qu’il portait.
Christophe Fanichet quitte donc ses fonctions pour prendre de nouvelles responsabilités au sein du Groupe, tout en conservant la confiance de Jean Castex. Le président proposera la nomination de Jean-Aimé Mougenot, comme Directeur Général de la SA Voyageurs, en complément de ses fonctions actuelles (directeur TER délégué), et celle de Laurent Trevisani à la Présidence du Conseil d’Administration de SNCF Voyageurs, afin de mieux assurer l’unité du groupe ferroviaire.
La décision la plus emblématique de ce changement de cap est l’abandon du projet «Destination 2030».
Ce projet, perçu par la CGT comme une nouvelle étape dans le morcellement du service public, avait suscité une forte opposition. A l’initiative de la CGT, les quatre principaux syndicats du Groupe avaient organisé une journée de grève unitaire le 10 juin, demandant notamment l’arrêt des filialisations. La CGT-Cheminots a salué cette décision tout en appelant à stopper «les logiques de démantèlement et de morcellement du service public SNCF».
Ce changement de cap stratégique intervient dans un contexte commercial positif pour SNCF Voyageurs, qui a vu sa fréquentation TGV progresser de près de 20 % entre 2019 et 2025. Cette nouvelle stratégie serait-elle la marque de la volonté de Jean Castex de reprendre la main sur la stratégie de la filiale, tout en cherchant à apaiser les tensions sociales et à concilier les impératifs de compétitivité avec le maintien de l’unité du Groupe Ferroviaire ? L’avenir nous le dira et la CGT restera en vigilance sur ces questions.
